Jasmin Lavoie) L'implantation d'UberX à Montréal a déjà des impacts «potentiellement destructeurs» sur l'industrie, selon le nouveau président de l'Association haïtienne des travailleurs du taxi, Stanley Bastien. Le président du plus important regroupement de chauffeurs et propriétaires de l'île affirme que le prix du permis de taxi est en chute libre, «d'un minimum de 20%» depuis le lancement de l'application à la fin du mois d'octobre.

Selon lui, la venue d'UberX sur le marché rend les banques «plus frileuses». Elles hésiteront à prêter de l'argent à ses membres qui souhaitent acheter un permis. Ce dernier est obligatoire pour tout travailleur souhaitant utiliser son véhicule comme taxi. «S'il fallait que le permis de taxi plante, que des gens perdent leur travail, plus de 4000 familles pourraient en subir les conséquences», estime celui qui représente plus de 3500 chauffeurs et propriétaires. Les détenteurs de permis voient celui-ci comme un investissement qu'ils peuvent revendre à un autre travailleur à la fin de leur carrière.

Ces préoccupations sont aussi partagées par Max-Louis Rosalbert, président du regroupement des propriétaires et chauffeurs de taxi de Montréal, l'autre association majeure sur le territoire. Selon lui, les travailleurs «sont plus nerveux» depuis l'arrivée de la société américaine.

«Il y a plusieurs de mes membres qui pensent à se défaire de leur permis», avance Max-Louis Rosalbert en entrevue à La Presse. Pour lui, cette situation crée un déséquilibre entre l'offre et la demande des licences, ce qui en fait diminuer la valeur sur le marché. Le prix d'un tel permis est évalué à environ 190 000$. Stanley Bastien pense que les perturbations actuelles doivent amener les travailleurs à innover pour rester compétitifs.

Il affirme que le service «inégal» offert par quelques chauffeurs nuit à la crédibilité de l'industrie et profite à des entreprises comme Uber. Le représentant se dit d'ailleurs intéressé par la proposition de l'entrepreneur Alexandre Taillefer. L'homme d'affaires souhaite regrouper les taxis sous une seule société ultramoderne pour faire concurrence au géant du transport.

Des réticences

Le président de l'Association haïtienne des travailleurs du taxi émet en revanche certaines réserves sur l'initiative de M. Taillefer, puisqu'elle n'explique pas clairement ce qui se passerait avec la valeur des permis des propriétaires.

«Le but de la coop est intéressant, mais dans la mesure où les propriétaires ne perdent pas leur investissement», soutient M. Bastien. Le nouveau président précise ne pas avoir de problème avec Uber, l'autre application lancée par l'entreprise californienne.

Il critique aussi le gouvernement qui, pense-t-il, met du temps à légiférer pour empêcher ce «transport illégal» que représente à ses yeux UberX. L'application permet à presque n'importe quel Montréalais de se transformer en chauffeur de taxi et d'offrir ses services sans se soumettre aux règles en vigueur établies par l'industrie.

En entrevue à La Presse la semaine dernière, le ministre des Transports Robert Poëti affirmait pourtant que les chauffeurs utilisant UberX s'exposeraient bientôt à voir leur voiture saisie par les inspecteurs du Bureau du taxi.

Le directeur général d'Uber Montréal, Jean-Nicolas Guillemette, croit qu'au-delà des chauffeurs qui se plaignent, son nouveau produit permet surtout de «répondre à un besoin» négligé au cours des dernières années par l'industrie. «On entend les chauffeurs de taxi se plaindre, mais on n'entend pas les citoyens». M. Guillemette a rencontré Robert Poëti plus tôt cette semaine pour lui proposer des solutions afin de s'assurer de la légalité de son service.

Unir les associations pour se défendre

Stanley Bastien souhaite aussi «restructurer» l'Association haïtienne des travailleurs du taxi. Pour l'instant, le chauffeur ou propriétaire membre doit obligatoirement être d'origine haïtienne.

Il pense que cette règle est archaïque et qu'elle doit être modifiée pour accepter «tout le monde» sans discrimination. «L'industrie du taxi n'a pas de race. Nous n'avons plus les problèmes de 1982 où il y avait des problèmes de racisme.» Il aimerait aussi fusionner ou associer son organisation à celles qui sont similaires à Montréal. Il pense que les problèmes «majeurs» auxquels fait face l'industrie du taxi nécessitent une plus grande solidarité entre les chauffeurs et propriétaires et que cela permettrait aux travailleurs d'avoir un plus grand rapport de force.


Source: lapresse.ca
 
 
Ça se passe en France, au 19e siècle. Un jour, les fabricants de chandelles déposent une pétition à la chambre des députés. Leur exigence : qu'on ordonne la fermeture des fenêtres par lesquelles la lumière du jour entre dans les maisons. L’État, disent-ils, doit les protéger de la compétition ruineuse d'un rival plus performant qu'eux : le soleil...

Par cette boutade, l’économiste Frédéric Bastiat voulait démontrer que les partisans de l'intervention de l'État dans l'économie ont souvent pour but premier de préserver les avantages d’un groupe particulier. Malheureusement, cette habitude persiste. Même ici à Montréal. 

Uber, notamment, fait peur à l'industrie du taxi. Ce service citoyen permet aux chauffeurs de taxi de trouver des clients plus rapidement et, à d’autres, d’offrir ce service lorsqu’ils ont des heures disponibles. Des gens d’horizons divers offrent ce service à temps partiel pour arrondir leurs fins de mois, ou à la suite d’une perte d’emploi. Certains le font à temps plein, dont plusieurs chauffeurs de taxi.

Sauf que le lobby de l’industrie du taxi déploie des efforts pour nuire à Uber, et ça semble fonctionner. Le ministre des Transports affirmait cette semaine qu’il ira jusqu’à faire saisir les voitures des chauffeurs d'UberX (un service similaire) circulant à Montréal, qualifiant ce service de transport « illégal ».

On peut comprendre l’industrie d’être nerveuse : les usagers d’Uber (et UberX) profitent de trajets beaucoup moins chers que le taxi. Ils ont plus de choix, et obtiennent un meilleur service. Tout ça de façon simple, à partir de leur téléphone intelligent. En plus, c’est bon pour l’environnement. Uber encourage les consommateurs à abandonner l’automobile pour faire du covoiturage, ce qui aide à réduire d’environ 40 % le nombre total de kilomètres parcourus, la fréquence des embouteillages et les émissions polluantes. (Document PDF)

Voilà donc une innovation utile pour les consommateurs – comme en témoignent les dizaines de milliers d’usagers qui utilisent Uber à toutes les semaines à Montréal –, bonne pour l’environnement et qui, pour faire changement, n’impose pas une nouvelle taxe aux contribuables!

Contre la volonté des consommateurs

Mais les lobbies de l’industrie du taxi crient à la concurrence déloyale. Et le gouvernement préfère écouter lobbys qu’écouter les consommateurs. Ces derniers souhaitent pourtant utiliser Uber, tout comme des centaines de milliers d’usagers dans 250 villes à travers le monde où ce service est présent.

C’est pourtant un combat perdu d'avance (comme la plupart des combats contre de nouvelles technologies). Le premier ministre Couillard lui-même a déjà dit que vouloir résister  aux phénomènes numériques équivaudrait, pour le Québec, à tenter de se mettre dans le milieu du Saint-Laurent pour en arrêter les flots. Et que des services comme Uber, ou même Netflix pour la vidéo, sont des phénomènes de société irréversibles. Peut-être le premier ministre et le ministre des transports devraient-ils se parler?

Compenser les chauffeurs

En ce moment, il est impossible d’entrer dans l’industrie du taxi sans acquérir un permis ou en louer un d’une personne qui en est détentrice. À Montréal, le prix d’un tel permis est d’environ 200 000 $. La popularité des applications de covoiturage comme Uber fait diminuer la valeur de ces permis, et cela représente un réel problème pour les chauffeurs de taxi qui comptent sur leur permis pour garantir leurs vieux jours.

Mais la solution n’est pas d’empêcher le progrès. L’IEDM proposait plutôt, dans une publication récente, d’indemniser partiellement les chauffeurs de taxis dont la valeur des permis diminuerait (par exemple en en fonction du montant original payé par el détenteur du permis, la durée pendant laquelle il l’a détenu, etc.) Non seulement cela réduirait l’opposition à l’innovation que représente Uber, mais cela aurait aussi comme effet d’éviter aux plus jeunes qui tentent de percer dans l’industrie d’être accablés d’une lourde dette, et leur permettrait d’être plus compétitifs.

L’industrie du taxi se transforme sous nos yeux grâce à la technologie. Les gouvernements peuvent prendre des mesures pour éviter de faire des détenteurs de permis des laissés-pour-compte, mais ils doivent avant tout tenir compte des bénéfices que ces entreprises innovantes produisent pour l’ensemble des citoyens.

Source: journaldemontreal.com
 
 
Since the mobile taxi service launched in Montreal last year, politicians have called it illegal

Uber Montreal executives met Tuesday with the Quebec Transport Ministry, saying they want the company to be legally recognized in the province.

Uber is an application where you can order a taxi from any service straight from your mobile phone, allowing cab drivers who sign up to pick up additional fares they may not get through a dispatch company.

The mobile app launched in Montreal nearly a year ago. Since then, both the provincial government and the mayor of Montreal have called Uber illegal and threatened to shut it down.

Elsewhere in Canada, the legality of Uber has been challenged in court— something Uber Montreal is trying to avoid.

After Uber met with the ministry, Transport Minister Robert Poëti said there is a chance Uber could operate in the province.

“It was a positive meeting because they are asking to be regulated and they wanna talk with me to say, ‘How can we be regulated with the type of business we have?’” Poëti said.

But Poeti isn't as optimistic about another of the company`s services —​ uberX.

UberX allows drivers not licensed to operate as cab drivers the ability to use their own car to pick up passengers.

“You cannot just decide that you are going to do something because you are nice and make a business with it and not follow the rules. So that’s going to be harder. That’s for sure,” Poëti said.

Uber says its uberX service costs users between 20 and 30 per cent less than a standard cab fare. The company takes 20 per cent of the fare, leaving the rest to the driver. Users' credit cards are automatically charged through the app — tip included — meaning no cash exchanges hands.

Abdallah Mohamed Sseid, an uberX driver in Montreal, says the government should allow the service.

“I think right now we cannot do anything against technology. Technology is making our life better. It's making life very safe for the driver and the client.”

Taxi companies say they are opposed to any form of Uber in Quebec.

“They ought to do things legally, if they want to be here in Montreal to serve the customers, so they could do the same things as us,” taxi driver Silbert Desirê said.

Poëti says he will continue to meet with Uber to work out a solution.

Source: cbc.ca
 
 
Les dirigeants sur service de transport de personnes nouveau genre ont rencontré le ministre Robert Poëti pour que leurs activités ne contreviennent pas à la législation québécoise.

En service à Montréal depuis bientôt un an, l’application Uber – qui offre à ses utilisateurs d’obtenir et de payer un transport vers la destination de leur choix – suscite la grogne des opérateurs de taxi montréalais depuis plusieurs mois. Si bien que le service, dont la légalité a été critiquée à plusieurs reprises par le maire de la métropole Denis Coderre, se retrouve aujourd’hui face à des menaces de poursuite judiciaire.

Uber, dont la légalité du service a été critiquée à plusieurs reprises par le maire de la métropole Denis Coderre, se retrouve aujourd’hui face à des menaces de poursuite judiciaire.

Ailleurs au Canada, la légalité d’Uber a d’ailleurs été contestée devant les tribunaux – une situation qu’Uber Montréal souhaite éviter à tout prix.

Suite à sa rencontre avec les dirigeants de l’entreprise, le ministre des Transports s’est montré ouvert à la proposition, sans toutefois avantager Uber pour autant. Interrogé par Radio-Canada, Robert Poëti a déclaré : «Lorsque quelqu’un vient vous voir et vous dit : “Écoutez, on est une nouvelle technologie et une nouvelle forme d’entreprise qui vient vous demander conseil. Est-ce qu’on pourrait d’une certaine façon être capable d’entrer dans la loi?” Je crois que de claquer la porte [démontrerait] une fermeture qui n’est pas correcte.»

L’optimisme de Poëti est néanmoins bien mince à l’égard d’un terrain d’entente au sujet d’UberX, la déclinaison bon marché du service de transport d’Uber.

«Vous ne pouvez pas décider que vous allez faire quelque chose parce que vous êtes gentil et de monter une entreprise sur celle-ci sans suivre les règles», a expliqué le ministre à la CBC. «Ce sera donc plus difficile [à ce niveau], ça va de soi.»

Le PDG de Taxi Diamond, Dominique Roy, a sans surprise été sévère à propos de son concurrent. «Uber travaille à Montréal depuis un an de façon illégale, et aujourd’hui, il demande à modifier la réglementation pour se rendre légal», raconte Roy. «Je trouve ça vraiment indécent de leur part, mais c’est leur mode d’opération.»

Au début de la semaine, le ministère de l’Intérieur français a annoncé que l’application UberPOP, l’offre payante de transport entre particuliers proposée par Uber, sera interdite au pays selon une nouvelle loi qui entrera en vigueur le 1er janvier prochain.

Source: branchez-vous.com
 
 
Voulant profiter de la saison des «partys» de Noël pour faire connaître son produit, l'entreprise controversée de transport Ubercourtise présentement les compagnies afin de séduire leursemployés.

Sur son site web, l'entreprise présente «Uber for business», uncompte corporatif qui permet aux clients de gérer le nombre et le coût des voyages de leurs employés.

«Une des problématiques que les entreprises nous soulevaient régulièrement était que les employés prennent un taxi le samedi soir, mais demandent au chauffeur de dater le reçu pour le lundi pour pouvoir le mettre sur leurs allocations de dépenses. On leur offre une façon de contrôler les dépenses», a indiqué le directeur général d'Uber Montréal, Jean-Nicolas Guillemette.

Au cours de plusieurs entrevues avec le journal «24 Heures», le directeur général a souvent souligné qu'avec Uber, «l'essayer, c'est l'adopter». Il espère donc que chaque usager corporatif adopte le service pour son usage personnel après l'avoir testé à son travail.

Le nouveau programme a d'ailleurs été lancé presque en même temps que le controversé service UberX, qui permet à tout automobiliste de se transformer en chauffeur de taxi.

«Il y a beaucoup d'entreprises qui vont l'utiliser durant le temps des fêtes et je crois que les voyageurs vont remarquer à quel point c'est commode d'utiliser Uber [...] L'objectif n'est pas nécessairement de promouvoir UberX», a continué M. Guillemette.

Il dit que quelques entreprises sont déjà inscrites au service, mais a préféré ne pas indiquer lesquelles ou en quel nombre.

Source: tvanouvelles.ca
 
 
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Crédit photo : Archives Agence QMI
Les chauffeurs d'UberX circulant à Montréal s'exposeront bientôt à voir leur voiture saisie par les inspecteurs du Bureau du taxi. En entrevue àLa Presse, le ministre des Transports, Robert Poëti, se dit prêt à augmenter leurs pouvoirs, qualifiant ce type de service de «transport illégal».

La Presse a révélé la semaine dernière que Montréal a réclamé le pouvoir de saisie pour sa dizaine d'inspecteurs du taxi afin de contrer le transport illégal. La demande n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd, assure Robert Poëti, qui dit en avoir discuté avec le maire Denis Coderre. «C'est en marche», dit le ministre.

Le changement réclamé à la Loi concernant les services de transport par taxi pourrait être adopté dès la prochaine session parlementaire, estime M. Poëti. Plusieurs étapes s'imposent toutefois: la requête du Bureau du taxi doit d'abord être étudiée par un comité ministériel, recevoir l'approbation du Conseil des ministres, aller en commission parlementaire pour ensuite être intégrée à un projet de loi. «C'est un changement législatif, alors c'est un peu plus long qu'un changement réglementaire. Mais on n'a pas le choix, alors on va le faire.»

Les contrôleurs routiers du Québec disposent déjà du pouvoir de saisie sur les véhicules faisant du transport illégal, mais ceux-ci patrouillent uniquement à l'extérieur de Montréal. Dans l'île, le contrôle est assuré par des inspecteurs du Bureau du taxi. Pour saisir un véhicule, ces derniers doivent contacter les policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), ce qui peut prendre des heures.

Permettre aux inspecteurs de saisir les voitures des contrevenants sera davantage dissuasif, estime M. Poëti. «Quand vous vous faites saisir votre véhicule, c'est une bonne façon de vous faire comprendre qu'il y a un problème.»

Uber, du «transport illégal»

Uber a beau qualifier son service de «covoiturage citoyen», le ministre des Transports n'admet pas l'argument. «Il faut appeler ça du transport illégal. J'encourage, je salue le covoiturage: c'est une très bonne idée. Cependant, quand vous utilisez du covoiturage à des fins commerciales, je n'ai pas de problème, mais vous allez suivre les mêmes règles que tout le monde, sinon, ça devient de la concurrence déloyale», dit-il.

Robert Poëti dit avoir accepté de rencontrer la semaine prochaine les dirigeants d'Uber pour discuter de leur situation, l'entreprise souhaitant revoir la réglementation en place. Mais déjà, le ministre se montre peu flexible. «Moi, tout ce que je veux, c'est qu'ils se conforment à la réglementation. S'ils veulent m'expliquer que le covoiturage est une bonne idée, je suis d'accord. Mais si ce qu'ils font, c'est du taxi, c'est une autre chose.

«S'ils veulent devenir un service de taxi, j'ai pas de problème, mais je leur demande de respecter les lois», ajoute Robert Poëti.

Le directeur général d'Uber à Montréal, Jean-Nicolas Guillemette, dit vouloir profiter de cette rencontre pour «clarifier le flou» entourant son service. «On veut discuter de la réglementation nous encadrant et discuter d'une réglementation future pour Uber au Québec et à Montréal.»

Pour ce qui est d'étendre le service dans la province, comme à Québec, Jean-Nicolas Guillemette dit «qu'il n'y a pas de plan concret d'expansion à l'extérieur de Montréal, mais on reçoit beaucoup de demandes de gens qui nous demandent de venir offrir le service».

Quant au ministre qui qualifie UberX de «transport illégal», l'entreprise veut le convaincre du contraire. «Si je me fie à la réponse, où des dizaines de milliers de Montréalais ont utilisé Uber en moins d'un mois, si je me fie à la centaine de chauffeurs qui se sont inscrits, au fait qu'on a créé des centaines de jobs, que des partenariats ont été créés avec plein d'entreprises, je pense que ce sont des choses qui ne se sont pas rendues aux oreilles du ministre.»


Source: lapresse.ca
 
 
Déterminé à accentuer la lutte contre le transport illégal en 2015, le Bureau du taxi de Montréal veut que ses inspecteurs puissent saisir les véhicules des contrevenants et réclame des amendes beaucoup plus salées.

«Le Bureau du taxi va mettre une emphase particulière sur la lutte au transport illégal en 2015», confirme son directeur général, Benoît Jugand, en entrevue à La Presse. Dans un document budgétaire déposé cette semaine à la Ville de Montréal, l'organisation consacre un volet aux efforts qu'elle compte déployer en 2015 pour contrer le transport illégal.

«L'industrie du taxi est confrontée à une nouvelle réalité, celle des sociétés dont l'offre de service est basée sur des applications pour téléphones intelligents. Certaines compagnies refusent de se plier à la réglementation», peut-on lire.

Sans nommer UberX, le Bureau du taxi dit qu'il ne fait nul doute que ce genre de service est illégal. «Une compagnie qui prétend ne pas être assujettie aux lois et règlements, qui répartit des courses à des chauffeurs sans permis réglementaire ou conduisant un véhicule pratique le transport illégal.»

Pour répliquer au phénomène, le Bureau du taxi demande maintenant à Québec de renforcer les pouvoirs conférés à sa dizaine d'inspecteurs. «Des démarches sont en cours auprès du ministère des Transports du Québec pour que soit augmenté le coût des amendes et afin d'obtenir le pouvoir de saisir les véhicules en infraction», écrit le Bureau du taxi.

Pouvoir réservé aux policiers

Les contrôleurs routiers du Québec, qui encadrent l'industrie du taxi à l'extérieur de Montréal, possèdent déjà le pouvoir de saisir un véhicule faisant du transport illégal. Mais la loi limite ce pouvoir aux «agents de la paix», statut dont ne disposent pas les inspecteurs du Bureau du taxi. Pour saisir un véhicule, ceux-ci doivent appeler le SPVM. Mais ces appels n'étant pas prioritaires, il faut parfois attendre jusqu'à deux heures avant que les policiers arrivent. La procédure est lourde, mais 29 véhicules ont tout de même été saisis à Montréal depuis le début de 2014.

Quant aux amendes, qui vont actuellement de 350$ à 1050$, le Bureau du taxi souhaite que le seuil minimal soit augmenté à 1000$. Les inspecteurs donnent une cinquantaine d'amendes par année pour transport illégal. Il n'a pas été possible de savoir si des chauffeurs d'UberX ont reçu une telle contravention depuis l'implantation de ce service il y a un peu plus d'un mois.

«Je ne vois pas pourquoi les chauffeurs d'UberX recevraient une amende ou verraient leur véhicule saisi parce qu'il s'agit d'un service de covoiturage citoyen. C'est pour ça que ça fait plus d'un mois qu'on opère à Montréal et qu'aucune action n'a été prise», dit Jean-Nicolas Guillemette, directeur général d'Uber.

Rencontre avec Coderre

Uber dit vouloir rencontrer le maire Denis Coderre pour discuter de l'encadrement de son service. «Si les politiciens écoutent un peu ce que les Montréalais demandent, ils vont continuer à travailler avec nous pour mettre en place une nouvelle réglementation», indique M. Guillemette.

Disant ne pas être «dupe» quant au covoiturage que l'entreprise dit offrir, le Bureau du taxi rappelle que ce qui rend UberX illégal est le fait que ses chauffeurs ne disposent pas de permis de transport. C'est pour cette raison qu'ils sont ciblés par les mesures. «Il y a l'application Uber, mais c'est la personne qui effectue le transport qui est illégale», explique Benoît Jugand.

Le Bureau du taxi souligne que le transport illégal ne se limite pas aux applications comme UberX. On cible aussi ceux qui offrent leurs services par le truchement d'annonces en ligne lors des bals de fin d'études ou lors d'événements comme le Grand Prix de Formule 1. Même les chauffeurs d'escortes tombent dans la mire des inspecteurs.

Source: lapresse.ca
 
 
NEW YORK | La valeur des permis de taxi est en chute libre dans les grandes villes américaines du fait de la popularité du service Uber.

«Uber a un impact dramatique sur l’industrie du taxi et la valeur des permis», dit Donna Blythe-Shaw, porte-parole de l’Association des chauffeurs de taxi de Boston.

Dans la capitale du Massachusetts, le prix des permis était de 700 000 $ en avril dernier alors que la dernière vente rapportée en octobre était de 561 000 $.

L’implantation récente du service de covoiturage UberX dans des villes comme New York, Boston et Chicago bouleverse l’industrie du taxi.

À New York, le prix moyen d’un permis de taxi était de plus de 1 million $ à l’été 2013. Il est aujourd’hui de 872 000 $, rapporte le New York Times.

Cette baisse de 17% est attribuable à la montée d’UberX et de Lyft, des applications pour téléphone intelligent qui permettent à tous les automobilistes de devenir chauffeurs de taxi, moyennant certains critères.

Comme les courses d’UberX sont moins chères qu’un taxi traditionnel, le service gagne rapidement en popularité partout où il s’installe.

La dégringolade des prix de permis semble généralisée. À Chicago, on observe une baisse de 17%.

À Philadelphie, le bureau des taxis n’a pas réussi à vendre des permis de taxi au prix demandé de 475 000 $ et prévoit baisser le montant à 350 000 $, selon le New York Times.

Du côté du Bureau du taxi de Montréal, on précise qu’il est encore trop tôt pour déterminer si l’arrivée d’UberX le 29 octobre aura un effet sur la valeur des permis.

En date du 31 mars, la valeur des permis était de 189 810 $ pour le centre-ville de Montréal, selon la Commission des transports du Québec. Il y a quelques années, ces permis s’échangeaient pour 220 000 $.

Source: journaldemontreal.com
 
 
Alexandre Taillefer n’utilise presque plus sa voiture. Trop encombrante. Trop compliqué. Il prend le taxi à la place, une bonne demi-douzaine de fois par jour.

En fait, pour être plus précis, il prenait le taxi avant qu’Uber s’implante à Montréal. Aujourd’hui, il ne jure que par ce service de covoiturage commercial, qui lui permet de payer en tout temps avec sa carte de crédit, sans même avoir à sortir son portefeuille.

« Je ne me promènerai quand même pas avec 100 $ dans mes poches pour me déplacer en ville ! Or la plupart des chauffeurs de taxi refusent les cartes de crédit parce que ça leur coûte 7 % de la course. Il n’y a donc pas de solution alternative à Uber, pour l’instant. »

Plutôt ironique, quand même. Car le grand rêve d’Alexandre Taillefer, c’est de chasser cette entreprise américaine de Montréal. Pour de bon.

***

Disons-le, Uber offre un service incomparable.

Il y a « Uber » tout court, qui utilise une application pour mettre en contact des clients et des taxis. Et il y a « UberX », qui met ces mêmes clients en contact avec des automobilistes ordinaires, qui souhaitent arrondir leurs fins de mois.

Simple. Novateur. Convivial. Uber gagne ainsi des adeptes chaque jour, surtout parmi les clients frustrés par le manque de professionnalisme des chauffeurs de taxi, assis sur leur monopole.

C’est ce qui explique les éloges du Bureau de la concurrence, qui a vanté l’impact du covoiturage commercial sur la qualité du service, ces derniers jours. C’est ce qui explique, aussi, qu’il est applaudi par tant de gens d’horizons différents, à droite comme à gauche.

Uber a réussi à rallier l’Institut économique de Montréal et… Steven Guilbeault, c’est dire.

***

Mais l’engouement pour Uber a un coût, qui se révèle chaque jour un peu plus.

On parle beaucoup du côté cowboy de l’entreprise, qui débarque en forçant les portes des villes. Mais elle n’a pas vraiment le choix.

Le vrai problème, il est ailleurs. Dans la déconnexion de plus en plus évidente de l’entreprise avec les valeurs qu’elle prêche.

Uber fait partie de l’économie du partage. Elle se dit sociale, collaborative, décentralisée, communautaire. Mais les révélations des dernières semaines mettent à mal cette belle image.

Pensons à ce dirigeant d’Uber prêt à embaucher des enquêteurs pour fouiller la vie privée d’opposants. À ce journaliste dont les déplacements ont été suivis à son insu par l’entreprise. Aux 5000 commandes fictives qu’Uber a passées, puis annulées chez son concurrent. Aux variations parfois artificielles des tarifs aux usagers. Et j’en passe.

On n’est plus dans les frontières de la légalité, mais dans l’immoralité. Un constat qui incite à s’interroger sur les autres promesses de l’entreprise, la sécurité, la fiabilité, la confidentialité des données.

L’immense avantage d’Uber, c’est qu’il donne un bon coup de pied dans la fourmilière du taxi. Mais ce coup de pied, manifestement, est un peu trop agressif…

***

Tout cela ne discrédite pas Uber. L’entreprise est en pleine croissance, après tout. Mais disons que c’est assez pour inquiéter.

Assez pour inquiéter Alexandre Taillefer, en tout cas, qui n’hésite pas à s’élever contre les tactiques d’Uber. Il en veut contre sa volonté de mettre l’industrie du taxi à terre et contre le fait qu’elle n’investit presque rien dans le marché local.

Ce n’est donc pas par amour pour Uber qu’il prend le service, mais parce qu’il considère qu’il n’y a actuellement aucune autre option. Un problème qu’il veut pallier, justement.

« Uber tire les salaires vers le bas, alors que les chauffeurs de taxi ont des conditions qui les rapprochent de l’esclavage ! En plus, elle est valorisée à 40 milliards et elle ne retourne que des peanuts à Montréal, où elle a une poignée d’employés. »

— Alexandre Taillefer

Voilà pourquoi il planche sur une solution depuis plus d’un an : une mutuelle, genre de coop à but lucratif, dans laquelle seraient regroupés tous les acteurs de l’industrie.

Déjà, il est en pourparlers pour intéresser les intermédiaires, comme Diamond et Coop. Il tente d’associer l’ensemble des chauffeurs et détenteurs de permis. Son objectif est d’imposer un virage à l’industrie : plateforme numérique, utilisation universelle des cartes de crédit, électrification de tous les véhicules et imposition d’un look distinctif à l’ensemble de la flotte.

Du coup, il ferait de chacun des 4400 chauffeurs de taxi des actionnaires, lesquels auraient à verser le tiers de leurs revenus à la mutuelle.

Réaliste ? « Tout à fait, répond-il, chiffres en main. Montréal est intéressé. Québec est intéressé. Les joueurs de l’industrie sont intéressés. En fait, ceux qui émettent des réserves, ce sont les rares qui font de l’argent avec le taxi, comme la FTQ par l’entreprise de financement de licences FinTaxi. »

« Mon objectif est simplement de regrouper l’industrie pour faire concurrence à Uber, tout en m’assurant que les permis gardent leur valeur, que les chauffeurs vivent décemment et que les profits restent à Montréal. »

Les avantages d’Uber, donc. Mais sans les désavantages…


Souce: lapresse.ca
 
 
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Mise en service depuis plus d'un an à Montréal, l'application Uber Taxi permet d'appeler un taxi sans passer par un répartiteur, tandis qu'avec le service UberX, n'importe quel automobiliste peut utiliser son véhicule pour offrir des courses.
L'industrie du taxi à Montréal s'apprête à exiger à ses chauffeurs une contribution mensuelle visant officiellement à «lutter contre le transport illégal», mais officieusement à contrer l'entreprise de transport Uber.

Mise en service depuis plus d'un an à Montréal, l'application Uber Taxi permet d'appeler un taxi sans passer par un répartiteur, tandis qu'avec le service UberX, n'importe quel automobiliste peut utiliser son véhicule pour offrir des courses.

À compter du 1er décembre, les propriétaires de taxis montréalais devront payer 5$ par mois par voiture, afin d'alimenter un fonds géré par le Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi. Après deux mois, cette contribution sera réduite à 2$ par mois.

Le Comité compte utiliser l'argent récolté auprès des quelque 3000 propriétaires de taxi de Montréal pour «informer et sensibiliser la population aux dangers du transport illégal», a expliqué Dory Saliba, qui en préside la section montréalaise. L'initiative devrait être appliquée à l'ensemble de la province sous peu. «Nous le faisons pour la sécurité de la clientèle, car plusieurs personnes se proclament chauffeurs de taxi et transportent des clients sans assurance, sans encadrement», a dénoncé M. Saliba, sans vouloir admettre que le fonds vise directement à lutter contre Uber.

Note interne

Or une note interne obtenue par La Presse indique clairement que «l'infiltration d'Uber au sein de l'industrie du taxi» motive l'implantation de cette contribution, qui vise à «contrer Uber».

Seules quelques firmes de taxi ont déjà avisé leurs membres de l'entrée en vigueur de cette cotisation. C'est La Presse qui a appris la nouvelle à Stanley Bastien, propriétaire de taxi et figure bien connue du milieu. «Les chauffeurs ne seront pas d'accord, car nous n'y avons pas adhéré», a-t-il prédit. «Je ne crois pas que ce soit la manière de faire. La loi est claire: les seules personnes qui peuvent transporter des gens en échange d'une contribution, ce sont des chauffeurs de taxi», a-t-il rappelé. 

Selon lui, l'application pure et simple de la Loi concernant les services de transport par taxi réglerait le problème. «Une fois qu'on aura attrapé trois ou quatre personnes et infligé des amendes sévères, le lendemain matin, ça va être fini», a-t-il affirmé à propos d'Uber.


Source: lapresse.ca