Uber, UberX ou encore, comme on l'appelle en France, UberPop, ces plateformes de covoiturage sont au coeur de controverses et même de violences, comme ce fut le cas en France jeudi.

Au Québec, l'industrie du taxi n'envisage pas de recourir à des moyens de pression aussi musclés que ceux exercés par leurs collègues français. Mais selon Hassan Kattoua, chauffeur de taxi montréalais, il s'en faudrait de peu pour que la situation dégénère.

M. Kattoua, qui a cofondé une escouade qui vise à chasser les chauffeurs d'Uber, affirme que la violence « n'est pas son style ». Mais il ne peut promettre que les autres, c'est-à-dire les 4600 propriétaires de voitures taxis et les 18 000 chauffeurs de Montréal, n'imiteront pas les chauffeurs français.

« Il suffit qu'un, ou deux ou  dix chauffeurs disent :''je n'ai rien à perdre'' », avance-t-il.

Jeudi à Paris, deux voitures ont été retournées, au moins un client d'Uber a été tabassé, des altercations se sont produites avec les forces de l'ordre, des disputes ont éclaté; jusqu'à la chanteuse américaine Courtney Love, prise dans tout ce tumulte au sortir de l'aéroport, qui a interpellé le président François Hollande parce qu'elle a eu peur.

Ici, les tensions socio-économiques ne sont pas aussi fortes qu'en France, souligne Hassan Kattou. Mais la montée en popularité des plateformes de covoiturage est un phénomène global qui, partout, suscite la colère des chauffeurs de taxi.

Car Uber, ce « clandestin déloyal », comme le qualifient les chauffeurs de taxi français, menace non seulement leur gagne-pain, mais aussi leur retraite.

Hassan Kattoua résume ainsi la situation des chauffeurs montréalais : ils ont une hypothèque sur leur voiture, ils ont acheté pour 230 000 $ leur permis de taxi « et ils voient chaque jour la valeur de ce permis descendre à cause de la compétition illégale que leur fait UberX, sans compter les revenus qui baissent de jour en jour ».

« Quand j'ai acheté [mon permis], j'ai emprunté 100 000 $ à la Caisse populaire à 12 % ou 13 % d'intérêt. Ça m'a pris des années à payer. [...] J'incite pas les gens à Montréal à faire comme en France. Mais je peux comprendre. »— Hassan Kattoua, chauffeur de taxi


Les chauffeurs veulent « de l'action » de la part de Québec

« On veut vraiment de l'action, insiste Hassan Kattoua. Quand le ministre dit c'est illégal, il doit appliquer la loi. » Et ce, tant pour l'acheteur que pour le vendeur de ce service, poursuit-il en substance.

Le ministre en question, Robert Poëti, était de passage à Montréal jeudi : « UberX crée des problèmes à travers le monde. L'Europe en est un exemple », a-t-il déclaré.

Le ministre des Transports du Québec, aussi responsable de la région de Montréal, affirme avoir rencontré, il y a un mois environ, la ministre des Transports de la Colombie. Elle aussi se préoccupe du phénomène Uber, puisqu'elle a demandé à Robert Poëti : « Comment faites-vous pour combattre cela? »

« Mon analyse à moi est assez claire, c'est une compétition déloyale. [...] Cette entreprise qui fait des millions, sinon des milliards de dollars, ne paie aucun impôt au Québec, pas de TPS, pas de TVQ. »— Robert Poëti, ministre des Transports du Québec
Robert Poëti affirme qu'il conviera dans les semaines à venir les représentants de l'industrie du taxi pour discuter de solutions et faire en sorte qu'elle améliore ses services et ne perde pas trop de clients. Le ministre a ajouté que certaines compagnies de taxi ont commencé à se prendre en main et à se moderniser.

« Rien ne se règle par la violence »

Jean-Nicolas Guillemette, directeur général d'Uber au Québec, veut lui aussi s'asseoir avec le ministre Poëti dans le but qu'une réglementation soit instaurée « pour encadrer le service d'UberX et protéger les citoyens ».

La discussion est d'autant plus souhaitable, dit-il, que les gestes commis en France « sont totalement inacceptables ». Le Québec, dit-il, doit imiter la cinquantaine de juridictions qui, aux États-Unis, ont créé une telle réglementation; pour des villes comme Chicago, San Francisco et Boston par exemple. 

« En 2014, pour une première fois dans l'Histoire, les familles québécoises ont dépensé plus pour se déplacer que pour se nourrir, ce qui est une aberration totale. On se doit d'offrir aux gens plus de solutions et de moyens de se déplacer. On comble un besoin. »— Jean-Nicolas Guillemette, directeur général d'Uber au Québec
« L'économie du partage »

Une course effectuée par Uber coûte 40 % moins cher qu'avec un taxi régulier. « L'application UberX a été téléchargée par des centaines de milliers de Montréalais », affirme le directeur général d'Uber au Québec.

Pour M. Guilemette, Uber fait partie de ce qu'il appelle « l'économie du partage », une réalité grandissante qui a mené à la création de services tels que Airbnb, par lequel tout un chacun peut louer un logement ou une chambre à des hôtes locaux dans plus de 190 pays.

« Il y a 1,8 million de voitures à Montréal; la congestion routière est une problématique majeure : comment allons-nous combattre cela? En offrant plus d'options pour que les gens délaissent leur voiture », affirme Jean-Nicolas Guillemette.

Source: radio-canada.ca
 
 
PARIS - Dans un climat électrique, plusieurs milliers de taxis en colère contre la «concurrence sauvage» du groupe américain Uber ont manifesté jeudi en France, provoquant de colossales perturbations sur les grands axes de circulation de Paris et plusieurs grandes villes.

Opérations escargots, blocages des gares et des aéroports, voitures de transport avec chauffeur (VTC) prises pour cible: dès l’aube, les protestataires, au nombre de près de 3000 sur l’ensemble du pays selon la police, ont multiplié les actions coup de poing.

«Le but c’est d’occuper l’espace, parce qu’il y a un vrai ras-le-bol», a résumé Karim Asnoun, responsable du syndicat CGT de la profession. «La base attend de nous des messages forts, on est obligé de passer par cette étape de la radicalité», a renchéri Abdel Ghalfi (CFDT).

À l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, les accès à trois terminaux étaient bloqués et la circulation perturbée, comme dans plusieurs quartiers de Paris.

À la Porte Maillot, l’un des principaux points d’entrée dans Paris, des taxis ont pris d’assaut et incendié les vans de deux conducteurs de VTC, provoquant l’intervention de forces antiémeutes et des pompiers, dans une odeur âcre de fumée, avec claquement de pétards et fracas de poubelles renversées.

Les accès de deux gares de la capitale étaient également bloqués par des dizaines de voitures, comme celle d’Olivier Noblot, taxi depuis 22 ans, «prêt à revenir tous les jours s’il le faut et à bloquer Paris».

Des actions similaires ont été menées à Lyon (centre-est), Marseille (sud), Toulouse et Bordeaux (sud-ouest) notamment. «Pourquoi pas demain des Uber plombier, Uber électricien? Et tout le monde fera n’importe quoi», a dénoncé Gérald Giraud, un manifestant lyonnais.

Le mouvement a recueilli un large écho dans la classe politique. «On ne peut pas laisser les chauffeurs de taxi victimes de la loi de la jungle», a déclaré le président socialiste de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone.

Les Républicains, le parti d’opposition de droite de l’ancien président Nicolas Sarkozy, a dénoncé lui aussi la «concurrence déloyale» d’UberPOP, l’application mobile de la société californienne qui, à prix cassés, met en relation des particuliers et des conducteurs non professionnels assurant leur transport avec leurs véhicules personnels.

«Cette colère qui gronde, n’importe quel professionnel dans n’importe quel secteur qui subirait ce que subissent les chauffeurs serait probablement amené à cette extrémité», a déclaré la chef de file de l’extrême droite, Marine Le Pen, reprochant au gouvernement socialiste de laisser «pourrir la situation».

Seul l’ancien premier ministre de droite François Fillon, juge que «c’est la chienlit aujourd’hui, franchement».

Engagé depuis plusieurs mois dans un bras de fer avec l’État, Uber revendique 400 000 utilisateurs d’UberPOP en France, où le nombre des taxis est faible. Mais ses chauffeurs sont des particuliers sans la formation requise pour leur agrément et ils ne paient ni cotisations sociales ni impôts.

Les syndicats de taxis ont appelé au «calme», alors que le climat s’est tendu avec plusieurs agressions récentes de clients ou de chauffeurs UberPOP. Craignant que ses chauffeurs professionnels soient assimilés à des conducteurs UberPOP, la société de VTC Allocab avait même demandé jeudi à ses employés de laisser au placard leurs costumes et de faire asseoir leurs clients à l’avant de leurs véhicules.

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a demandé jeudi au préfet de police de Paris de prendre un arrêté interdisant l’activité du service.

Uber est visé depuis fin 2014 par une enquête judiciaire à Paris, pour organisation illégale d’un «système de mise en relation de clients avec des personnes qui se livrent au transport routier» de passagers «à titre onéreux».

Selon une loi française récente, les conducteurs qui ne sont pas enregistrés comme chauffeur de taxi ou VTC encourent jusqu’à un an de prison, 15 000 euros d’amende, la suspension du permis et la confiscation du véhicule.

La France n’est pas le seul pays d’Europe, où l’activité d’Uber fait polémique. L’entreprise est interdite d’exercer en Allemagne et fait aussi l’objet de procédures judiciaires aux Pays-Bas et en Espagne. La Commission européenne a indiqué mardi plancher sur «une régulation appropriée» que Bruxelles espère mettre au point «cette année».

Source: journaldemontreal.com
 
 
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PHOTO JOURNAL DE MONTRÉAL, DOMINIQUE SCALI Le taxi Daniel Bergeron affirme avoir perdu environ 40 % de son revenu depuis l’arrivée d’UberX l’automne dernier.
Les chauffeurs de taxi pourraient perdre jusqu’à 40 % des profits ce week-end à cause de leur concurrent

Avec le Grand Prix qui bat son plein, plusieurs taxis sont en rogne contre Uber, qui vient selon eux assombrir une des fins de semaine les plus payantes de l'année, en s'emparant d'une partie du butin.

«Le Grand Prix, c’est à nous», clame Daniel Bergeron, un chauffeur de Taxi Hochelaga qui n’a pas l’intention de se laisser marcher sur les pieds par la concurrence «illégale».

Chaque année, le Grand Prix attire de nombreux touristes à Montréal, et avec eux, une hausse de la demande pour les taxis. Or, depuis octobre dernier, n’importe quel automobiliste peut s’improviser taxi grâce à l’application pour téléphone intelligent UberX.

Il s’agit donc du premier Grand Prix où les taxis doivent composer avec cette nouvelle réalité, qui pourrait leur faire perdre jusqu’à 40 % de leurs gains, selon Dory Saliba, président du Comité provincial de l’industrie du taxi. «C’est une grosse crainte», s’inquiète-t-il.

Américains

La concurrence pourrait d’autant plus se faire sentir que le Grand Prix attire beaucoup de touristes américains qui viennent de villes où Uber est déjà bien implantée, croit George Boussios, président de Taxi Champlain.

D’ailleurs, Jean-Nicolas Guillemette, directeur général de la section Québec d’Uber, ne s’en cache pas: «On s’attend à un très bon week-end [...] Les touristes font toujours partie de notre clientèle.»

Ainsi, ceux qui ont déjà l’habitude de faire appel à Uber dans leur ville continuent d’agir de la même façon ailleurs, dit-il.

En prime, les touristes qui se débrouillent mal dans la langue de Molière n’ont pas forcément besoin de parler français avec le chauffeur, puisqu’ils peuvent entrer leur destination directement dans l’application.

Complément

«Les taxis nous voient comme une concurrence, mais on est un complément» à toutes les différentes offres de transport qui existent, croit M. Guillemette.

Certains taxis se montrent d’ailleurs plutôt confiants. «Uber, pour nous ça n’existe pas. On a notre clientèle habituelle», tranche Driss Bouamira, président de Taxi-Coop.

Mais pour le chauffeur Daniel Bergeron, l’impact d’Uber sur son revenu est déjà réel. Il compte d’ailleurs sur la solidarité des autres chauffeurs pour «tasser» les conducteurs Uber pendant la manne du Grand Prix.

«D’habitude, quand on les regarde de travers, ils se sauvent d’eux-mêmes. Ils ont trop peur qu’on prenne en note leur numéro de plaque», relate-t-il.

Des chauffeurs habitués aux célébrités
Pendant le Grand Prix, un chauffeur d’expérience comme Daniel Bergeron sait comment plaire aux clients riches et célèbres qui montent dans son taxi pour tomber dans leurs bonnes grâces.

«Des fois, le pourboire peut être le double du montant qui apparaît sur le [compteur]», se félicite-t-il.

L’an dernier, il a même réussi à obtenir un autographe de l’acteur Sylvester Stallone.

Tout d’abord, les vedettes apprécient quand le chauffeur débarque de son véhicule pour leur ouvrir la porte, indique le chauffeur de Taxi Hochelaga.

Parfois, M. Bergeron s’arrange même pour laisser des bouteilles d’eau à la disposition des clients.

«Pas parleux»

Par contre, inutile de placer des journaux sur la banquette arrière en espérant que cela occupe les grands de ce monde. «Ça ne les intéresse pas. Ils sont tous au téléphone», remarque-t-il.

D’ailleurs, les stars «ne sont pas de gros gros parleux», observe-t-il. Et leur destination est facile à deviner: «Le plus souvent, c’est le casino­­».

Les chauffeurs n'ont pas besoin de s’habiller plus chic qu’à l’habitude pendant le Grand Prix, croit M. Bergeron. Il suffit de donner un bon service, souligne-t-il.

Les petites attentions sont d’autant plus importantes avec l’arrivée de l’application Uber. «On essaie de tout faire pour garder notre clientèle», assure-t-il.

Source: journaldemontreal.com
 
 
D’un côté, le ministre des Transports dépose une loi qui pourrait théoriquement favoriser UberX, mais de l’autre, les autorités ont accéléré la lutte sur le terrain.

En effet, Contrôle routier Québec continue d’appliquer de façon stricte la Loi sur le taxi en vigueur partout au Québec, à l’exception de Montréal qui a son propre Bureau de taxi.

Depuis l’hiver, ce sont donc 35 billets d’infraction qui ont été distribués aux chauffeurs d’Uber et 32 véhicules qui ont été saisis, rapporte Éric Santerre, porte-parole de Contrôle routier Québec. La lutte semble s’accélérer puisque les chiffres ont doublé depuis le début d’avril.

Pour les autorités, y compris le ministre des Transports Robert Poëti, il est clair que ce service est illégal selon les lois actuelles.

Mais voilà, loi 36 sur le transport collectif déposé à la mi-mai par M. Poëti pourrait ouvrir une porte pour UberX. Cette pièce législative prévoit que le ministre peut «autoriser la mise en œuvre de projets pilotes visant à étudier, à améliorer ou à élaborer de nouvelles règles applicables au transport rémunéré de personnes par automobile».

Le ministre pourrait donc décréter un projet-pilote de cinq ans visant UberX, mais il semble que cette possibilité ne restera que théorique. La marge de manœuvre qu’il veut ainsi se donner «n’a absolument rien à voir avec Uber», a déclaré M. Poëti, mercredi.

Des chauffeurs de taxi croient que cette marge de manœuvre reviendrait à faire un chèque en blanc au ministre. Ceux-ci craignent pour leur industrie et pour la valeur de leurs permis de taxi, qui peuvent valoir plus de 200 000 $.

«Le travail se poursuit de la même façon»

Mais en attendant, rien ne change, indique Contrôle routier. «Le travail se poursuit de la même façon tant qu’on n’a pas eu de directive de changer», précise M. Santerre.

Une soixantaine de juridictions en Amérique du Nord ont modifié leurs lois pour tenir compte d’UberX et des autres services de transport de l’économie du partage. À l’inverse, plusieurs juridictions et même des pays l’ont carrément interdit.

UberX est un service de transport qui ne répond ni à la définition du covoiturage ni à celle du taxi. C’est une plateforme mobile qui met en relation les clients et les chauffeurs et qui se charge du paiement.

La majorité des opérations de Contrôle routier Québec ont été menées à Québec, mais certaines ont eu lieu à Longueuil et à Gatineau. L’amende est de 350 $ pour avoir transporté des personnes de façon rémunérée sans détenir de permis de taxi. Elle peut aller jusqu’à 1050 $ en cas de récidive. L’entreprise californienne couvre absolument tous les frais encourus par ses chauffeurs dans leurs démêlés.

Source: journaldemontreal.com
 
 
Les chauffeurs de taxi appréhendent la circulation causée par le Grand Prix etles multiples travaux avoisinant le centre-ville deMontréal.

La circulation causée par les travaux routiers et le Grand Prix causent des maux de tête à de nombreux automobilistes. Pour les chauffeurs de taxi, ils représentent parfois une importante perte de profits.

«Le trafic, c’est compliqué, c’est sûr que ça ne nous aide pas. Des fois les clients descendent avant la fin de la course et c’est frustrant», indique Luizi Gery.

Ce chauffeur, qui en est à son troisième Grand Prix, appréhende la réaction et l’attitude de certains touristes. «Il y a ceux qui sont habitués de venir à Montréal et d’autres qui ne comprennent pas que c’est souvent bloqué.»

Antoine Dorcelus vivra son huitième Grand Prix cette fin de semaine. Il croit que les organisateurs ont un peu plus le souci d’inciter les visiteurs à utiliser le transport en commun et que la situation s’est améliorée dans les dernières années.

Über

Toutefois, l’arrivée d’Über dans la métropole représente une importante perte de clientèle pour ce chauffeur de taxi. Il espère donc être chanceux cette année pendant le Grand Prix et que l’évènement lui sera profitable. Mohammed, un autre chauffeur de taxi, explique que sa plus grande frustration, lorsqu’il y a un trafic monstre au centreville, c’est lorsque les clients sortent de la voiture pour marcher vers leur destination.

Selon lui, il y a plusieurs sources au problème de trafic et le fait que les gens viennent au centre-ville et sur l’île Ste-Hélène avec leur voiture accentue le trafic usuel.

«Si les gens utilisaient plus le bus, le métro ou les taxis, il n’y aurait pas autant de congestion», croitil.

Source: pressreader.com
 
 
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PHOTO LE JOURNAL DE QUÉBEC, SIMON CLARK
La marge de manœuvre que veut se donner le ministre des Transports en modifiant la réglementation des taxis « n’a absolument rien à voir avec Uber », assure Robert Poëti

Comme le rapportait notre Bureau parlementaire, mercredi matin, l’industrie de taxi craint d’être fragilisée si projet de loi 36, pour lequel des consultations débutent mercredi à l’Assemblée nationale, est adopté tel quel. L’article 11 prévoit des modifications législatives concernant le transport par taxi.

« Si l’industrie du taxi se sent menacée par l’article 11, je les rassure immédiatement, a réagi le ministre Poëti. Je n’ai jamais changé mon opinion, je n’ai jamais changé mes déclarations. D’aucune façon je considère UberX comme du transport légal. Je l’ai dit haut et fort : c’est du transport illégal et nous agissons contre le transport illégal actuellement. »

Sortir du carcan actuel

L’objectif recherché avec l’article 11, a expliqué M. Poëti, c’est de sortir du carcan actuel en matière de réglementation sur le taxi, qui empêche au ministre de mener des projets pilotes comme bon lui semble.

M. Poëti notamment à des projets qui permettraient d’améliorer la sécurité, comme l’installation de caméras de sécurité ou de fenêtres rigides entre les banquettes avant et arrière des taxis. La mise en place de ce genre de projets pilotes par le ministre des Transports serait impossible selon les dispositions actuelles de la loi.


« Si l’industrie du taxi a des inquiétudes, c’est sûrement compte tenu de la modernisation de la demande, de l’évolution des besoins de la société, des améliorations qu’ils doivent faire au niveau technologique », a relaté le ministre des Transports, qui souhaite discuter de ces enjeux.

Une question de « confiance »

M. Poëti invite l’industrie du taxi à lui faire confiance. Les projets pilotes auxquels il songe seront toujours faits « dans le but d’améliorer le service aux citoyens », a dit le député libéral de Marguerite-Bourgeoys.

« Ça n’a absolument rien à voir avec Uber, je veux les rassurer », a insisté le ministre des Transports.

« On a confiance envers le ministre Poëti, mais demain, s’il y a un remaniement ministériel ou un changement de gouvernement... », a soulevé à ce sujet le président du Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec, Abdallah Homsy, en entrevue avec le Journal, mardi.

Le Bureau du taxi de Montréal, le Comité provincial de concertation et de développement de l’industrie du taxi et le Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec, entre autres, défileront jusqu’à 22h30 mercredi soir aux consultations particulières sur le projet de loi 36.

Les auditions se poursuivront jeudi avec le Regroupement des Propriétaires de Taxi de la Capitale, la Ville de Montréal et Uber Québec, notamment.

Source: journaldequebec.com
 
 
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PHOTO LE JOURNAL DE QUÉBEC, STEVENS LEBLANC «C’est un projet de loi qui ne précise rien, qui donne une carte blanche au ministre pour faire ce qu’il veut en décrétant que c’est un projet pilote», déplore le président du Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec, Abdallah Homsy.
L’industrie du taxi craint que le ministre des Transports, Robert Poëti, soit en train de se donner carte blanche pour légaliser les services offerts par des entreprises comme Uber.

La commission des transports doit entamer mercredi les consultations relativement au projet de loi 36, qui prévoit diverses modifications législatives en transport collectif, dont la Loi concernant les services de transport par taxi, notamment.

Le projet de loi a été présenté sans tambour ni trompette, le 12 mai dernier, par le ministre Poëti.

«En matière de services de transport par taxi, le projet de loi confère au ministre le pouvoir de mettre en œuvre des projets pilotes visant notamment à étudier, à améliorer ou à élaborer de nouvelles règles applicables au transport rémunéré de personnes par automobile», avait alors déclaré M. Poëti au Salon bleu.

Sous l’article 11 de la pièce législative, il est précisé que ces projets pilotes seraient établis «pour une durée maximale de trois ans», mais que le ministre pourrait «prolonger d’au plus deux ans», donc pour une période maximale de cinq ans.


Une menace

Pour le président du Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec, Abdallah Homsy, l’article du projet de loi concernant les services de transport par taxi est carrément «inacceptable», trop peu précis, offre une trop grande marge de manœuvre au ministre des Transports et représente même une menace pour toute l’industrie.

M. Homsy craint que la valeur des permis de taxi – environ 200 000 $ actuellement – s’effondre.

«On ne peut pas hypothéquer la vie d’une industrie juste pour [...] un projet pilote», a indiqué M. Homsy, lorsque questionné par notre Bureau parlementaire.

Le ministre Poëti a déjà montré de l’ouverture envers l’application Uber, notamment en ce qui concerne la plateforme de paiement offerte aux chauffeurs de taxi, détenteurs en règle d’un permis. Il en est tout autre pour le UberX, également offert via l’application Uber, et qui permet à n’importe quel conducteur le transport de passagers moyennant un tarif plus bas que le service de taxi régulier.

«Je ne vois pas de lumière au bout du tunnel pour permettre UberX. C’est bien malheureux, c’est du transport illégal», avait dit M. Poëti, en février dernier.

«Pour ce qui est de UberX, la position du ministre n’a pas changé», a indiqué mardi l’attachée de presse du ministre Poëti.

Ce que stipule l’article 11 modifiant la Loi concernant les services de transport par taxi«Le ministre peut, par arrêté, autoriser la mise en œuvre de projets pilotes visant à étudier, à améliorer ou à élaborer de nouvelles règles applicables au transport rémunéré de personnes par automobile ou encadrant plus particulièrement les services de transport par taxi. [...] Il peut également autoriser toute personne ou tout organisme à offrir un service selon des normes et des règles qu’il édicte, différentes de celles prévues par la présente loi et ses règlements.»

Le Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec:
  • Taxi Coop
  • Taxi Laurier
  • Taxi 4000
  • 95 % des taxis de la région de Québec
  • Plus de 600 permis
  • 1200 chauffeurs et employés

Source: journaldemontreal.com
 
 
Y a-t-il trop de taxis à Montréal ? Dans quels secteurs sont-ils plus sollicités ? À quel moment de la journée ? Aucune idée. Depuis des décennies, cette industrie fonctionne à tâtons, sans avoir de statistiques sur son offre ni sa demande. Un projet de recherche est en cours et, pour plusieurs, il signe le début d’une longue course vers la modernisation.
 Le Bureau du taxi de Montréal a mandaté l’automne dernier l’École polytechnique pour dresser un portrait détaillé de l’industrie du taxi. Mais ce n’est que récemment que le projet a démarré. En effet, il a d’abord fallu convaincre près de 20 compagnies de taxi de partager avec les chercheurs leurs données GPS et transactionnelles. « Il était temps qu’on commence ! », lance Dominique Roy, président de Taxi Diamond. Voilà plus de 15 ans que l’homme d’affaires insiste auprès de ses collègues pour mener une telle étude. À l’heure où des applications mobiles comme UberX et des sites Web comme Kijiji permettent à n’importe qui se transformer en chauffeur de taxi (sans avoir à payer un permis de 200 000 $), l’industrie doit se prêter à une sérieuse introspection et rendre son service plus concurrentiel que jamais, estime M. Roy.

 Il est à son avis incontournable de documenter les besoins de la clientèle sur l’ensemble du territoire pour mieux prédire la demande et répartir logiquement les véhicules.« Évidemment, ma compagnie et plusieurs autres, on a effectué des études à l’interne. On connaît une partie du portrait, mais personne n’a une vision d’ensemble », dit-il, précisant que les quelque 1100 véhicules de sa flotte opèrent surtout dans le centre et l’ouest de l’île.

 Aucune planification

 Au total, près de 4500 taxis sillonnent les rues de la métropole. Y a-t-il trop de véhicules pour la demande, ou pas assez ? C’est une des questions que tentera d’élucider l’équipe de Polytechnique dirigée par Catherine Morency, qui dirige notamment la chaire de recherche Mobilité. « J’ai trouvé ça bizarre de constater qu’il n’existe aucune planification de l’offre, dit-elle, mais avec notre travail, tout ça pourra changer à terme. »

 Ayant accès depuis un an aux données de Taxi Diamond, la chercheuse a pu commencer une « modélisation » qui permettra, par exemple, de déterminer la durée moyenne des courses de taxi, le temps moyen d’attente d’un client, les heures où la demande est en hausse, les périodes de l’année les plus achalandées, etc. En parallèle, l’équipe de recherche collecte aussi des données sur d’autres modes de transport, comme les voitures en libre-service (VLS) et les vélos Bixi. « Il y a beaucoup de spéculation, on se demande si ces modes concurrencent l’industrie du taxi, et c’est ce que nous allons évaluer », explique Mme Morency.

 Le projet du dragon avance

 L’investisseur et vedette de l’émission Dans l’oeil du dragon Alexandre Taillefer a aussi mandaté des chercheurs montréalais. Il souhaite que ces derniers réalisent des algorithmes pour maximiser chacun des déplacements de sa future flotte de taxis électriques. Depuis plus d’un an, le dragon et son acolyte Patrick Gagné multiplient les sorties publiques pour annoncer leur intention de regrouper les taxis montréalais sous une seule compagnie, Taxelco. Les véhicules, en plus d’être électriques, seraient de même couleur et liés à une application mobile de paiement et de géolocalisation.

 « C’est impossible de moderniser une industrie sans avoir des données fiables et des objectifs d’optimisation des services. Tous ces projets de recherche vont nous aider à changer complètement l’expérience client », déclare Patrick Gagné, en entrevue auDevoir. Il explique que les chercheurs, sous la direction de Jean-François Cordeau de HEC Montréal, devront recenser les secteurs-clés pour l’instauration de bornes électriques. Ils établiront ensuite un procédé logistique pour s’assurer que les taxis ne se retrouvent jamais avec une batterie déchargée. Dès novembre, les 50 premiers véhicules de Taxelco feront leur arrivée dans les rues de la métropole, puis la flotte grandira rapidement, assure M. Gagné.

 Repenser la répartition

 Les résultats finaux des projets de recherche ne seront pas connus avant plusieurs années, souligne Alain Rochon, directeur par intérim du Bureau du taxi de Montréal. En attendant, d’autres actions devront être entreprises pour accélérer le renouvellement de l’industrie. Il rappelle que la politique du taxi, dévoilée l’an dernier par la Ville de Montréal, misait sur une série de mesures : de la vérification des antécédents judiciaires des chauffeurs à l’instauration de caméras de surveillance dans les taxis, en passant par l’obligation de posséder une machine pour le paiement par cartes de crédit ou de débit. Il ajoute qu’à son avis les compagnies de taxi devraient s’entendre pour avoir un système de répartition centralisé.

 À l’heure actuelle, quand elles reçoivent un appel, les compagnies envoient simplement le taxi de sa flotte qui est le plus près… mais il est parfois à 10 km ! En s’unissant derrière une seule application, l’industrie pourrait être plus performante, estime celui qui sera officiellement remplacé ce lundi par la nouvelle patronne du Bureau du taxi, Linda Marchand.

 L’arrivée de Mme Marchand permettra d’accélérer la mise en oeuvre du plan d’action de la Ville de Montréal, assure le responsable des Transports au comité exécutif, Aref Salem, qui admet que « les choses n’avancent pas aussi vite qu’il aurait voulu ». À l’instar de M. Rochon, il estime qu’il ne faut pas attendre les résultats du projet de recherche de Polytechnique pour passer à l’action. En plus d’orchestrer un changement réglementaire qui obligera tous les véhicules à se doter d’une machine pour le paiement électronique et d’une caméra de surveillance, M. Salem souhaite remodeler la formation obligatoire que reçoivent les chauffeurs. « Je veux qu’on les forme à être des réels ambassadeurs de la Ville, à avoir de belles voitures propres, un bel uniforme de travail, une attitude courtoise », dit-il. L’élu ajoute que les politiques et les projets de recherche aideront à moderniser l’industrie, mais c’est aussi la responsabilité des chauffeurs d’offrir un « service impeccable et compétitif ».

Source: ledevoir.com
 
 
LÉVIS, QC, le 29 mai 2015 /CNW Telbec/ - Le Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi (CPCDIT) a profité de la tenue de son 20e Congrès annuel pour annoncer la nomination deGuy Chevrette à titre de négociateur et porte-parole dans l'important dossier de lutte contre le transport illégal que mène présentement l'industrie du taxi.

Le mandat confié à M. Chevrette par le CPCDIT consiste à représenter et à défendre les intérêts de l'industrie auprès des autorités gouvernementales québécoises et montréalaises afin d'établir avec elles un dialogue constructif et de trouver des solutions pour contrer de manière concrète, efficace et durable les entreprises qui offrent illégalement, sur le territoire du Québec, du transport par taxi.

« Nous sommes très heureux que M. Chevrette ait accepté de travailler avec nous. Sa vaste expérience gouvernementale et ses qualités de négociateur, jumelés à sa connaissance de l'industrie du taxi feront assurément bouger les choses. Nous évoluons dans une industrie hautement réglementée, et ce, au bénéfice des utilisateurs. Personne ne peut impunément bafouer ces règles. Il faut que ça arrête. Il est temps de s'assoir et de trouver des solutions afin que cesse le transport illégal au Québec », de déclarer Dory Saliba, président du conseil d'administration du CPCDIT.

« J'ai accepté ce mandat avec grand plaisir. Le transport par taxi est un secteur que je connais bien pour avoir côtoyé les hommes et les femmes qui y œuvrent quotidiennement lorsque j'étais ministre des Transports. Cette industrie a certainement besoin de se renouveler, mais aujourd'hui, par l'apparition d'entreprises qui ne respectent pas les lois québécoises, ce sont des milliers d'emplois qui sont menacés », de mentionner Guy Chevrette.

M. Saliba a également annoncé la création d'une Coalition sur l'avenir du taxi qui a comme objectifs de mobiliser les différents acteurs de l'industrie contre le transport illégal et de faire connaître les divers projets en cours et les changements opérés au sein de l'industrie afin de toujours améliorer le service aux usagers.

Notons que le Congrès 2015 du CPCDIT, qui a pour thème Mobilisation et relance, réunit, du 28 au 30 mai, à Lévis, près de 150 personnes provenant de compagnies et de coopératives de taxis de tout le Québec. Le programme de l'événement compte plusieurs conférenciers autour de sujets variés comme le transport adapté, la mobilité quotidienne, l'avenir de l'industrie à l'heure des nouvelles technologies et les taxis électriques. À cet effet, Alexandre Tailler présentera le projet Taxelco qui vise l'électrification de l'industrie et l'utilisation optimale des technologies de l'information.

À propos du Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi
Créé en novembre 1985 à la demande des compagnies et des coopératives de taxi, le Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi (CPCDIT) est un acteur de premier plan de l'industrie du taxi qui est consulté par les autorités gouvernementales. La mission du CPCDIT est de représenter les intérêts des intermédiaires en service du Québec et de l'industrie du taxi en général, d'assurer la concertation et le développement avec tous les intervenants de l'industrie, et de valoriser l'image de l'industrie.

SOURCE Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi (CPCDIT)

 Renseignements : et demandes d'entrevue : Annick Bélanger, 514 755-2050
 
 
TRANSPORTS. Georges Tannous et Normand Cormier, de Co-Op Taxi Laval, dénoncent ce qu'ils qualifient de concurrence déloyale de la part du service de transport commercial Uber et toutes les autres compagnies du genre.

Depuis quelque temps, l'entreprise Uber permet à des individus de proposer des trajets à des citoyens dans leur propre véhicule, et ce, sans permis.

«Uber est illégal. On ne peut pas tolérer ça. Il faut respecter les lois et les règlements. De toute façon, je suis contre tous les transports illégaux», lance d'entrée de jeu le président de Co-Op Taxi Laval, Georges Tannous.

Ce dernier estime que le gouvernement est timide dans ses actions, dans ce dossier. Il reproche à Québec de ne pas appliquer la loi sur le transport de personnes et de ne pas faire grand-chose pour empêcher ces pratiques, pourtant jugées illégales par le ministre des Transports, Robert Poëti.

Saisi

Trois chauffeurs UberX se sont fait saisir leur véhicule, le 23 avril, par le Transport routier, à Laval. «Deux d'entre eux étaient des véhicules provenant de Montréal», assure le directeur général de Co-Op Taxi Laval, Normand Cormier.

Même si les deux hommes reconnaissent une modeste amélioration notamment pour la saisie des véhicules «illégaux» en vertu de la loi sur le transport des personnes, ils croient que ce n'est pas assez. Ils aimeraient que le gouvernement du Québec dépose un projet de loi et puisse un jour bannir cette entreprise comme l'ont fait quelques pays, villes et états à travers le monde.


«Cela a peu d'impact sur les fautifs puisque UberX paie les amendes de ceux qui s'improvisent chauffeurs. Ils devraient être traduits devant la justice et payer des amendes de 30 000 $. Les chauffeurs fautifs devraient perdre un nombre de points d'inaptitude et leur véhicule saisi», juge M. Tannous.

«Uber s'en fout d'être illégal. L'organisme se croit au-dessus des lois», poursuit-il.

Déranger UberX

Si à Québec des chauffeurs de taxi ont décidé de prendre les grands moyens pour déranger UberX dans la capitale, M. Tannous ne pense pas que les chauffeurs lavallois les imitent. Notons que certains chauffeurs de Québec réclament un transport sur l'application UberX et l'annulent quelques minutes plus tard.

Quant à la possibilité qu'un chauffeur de taxi utilise aussi l'application UberX sur ses heures de service pour augmenter son revenu, M. Tannous ne pense pas que cela pourrait se produire à Laval, car ils devront remettre 20 % de leurs recettes par jour à Uber.

Source: courrierlaval.com